Je rentrais du golf, en début de soirée. J’étais détendue parce que j’ai fait une bonne séance de balles (j’ai appris à sortir d’un bunker, et ça, ça va me changer la vie), balles que j’ai fini sous l’orage. Mais ça, c’était bien aussi parce que l’air était franchement irrespirable. Ma Clio était presque propre grâce à l’orage, j’avais cette petite douleur agréable de fin de golf dans les mains à force de trop serrer le grip, et je chantais bien fort sur le dernier live de Muse.
Bref, j’étais drôlement bien au volant de ma petite auto-boîte de nuit.
Le Boulonnais, lui, pour se sentir bien, il a besoin d’avoir un gros 4×4 allemand, très propre (la carrosserie j’entends), très gros et très polluant, pour montrer qu’il en a, qu’il est vraiment puissant et différent des autres, qu’il faut le respecter, qu’il n’est pas n’importe qui.
Je passe par le bois de Boulogne pour rentrer chez moi, parce que c’est agréable maintenant, les arbres sont plein de feuilles, parfois de fleurs et l’air est malgré tout plus léger que sur les quais.
Soudain, une angoisse me saisie. Je tourne la tête, regarde dans mes rétros : j’étais cernée par les 4×4, 1 devant, 1 en diagonale avant, 1 à côté et 2 derrière. La petite Clio bleue fleurie au milieu des monstres urbains puants.
Là, j’étais beaucoup moins bien. Pas parce que j’avais peur d’érafler ma Clio, elle en a vu d’autre et elle sait très bien s’il faut, elle est prête à rayer les autres voitures pour qu’on respecte sa place sur la route (n’est-ce-pas le Chéri ?). Non, j’étais beaucoup moins bien parce que ça cassait vachement l’ambiance bucolique et fleurie de ma boîte de nuit. Et puis ils me tapent sur le système à me regarder de haut, style, « ahaha, la petite jeune au volant de sa petite voiture, elle va voir ce qu’elle va voir ».
Je commençais à bouillir. Quand soudain, solidarité féminine oblige (ou juste le hasard de la chance), une courtisane du Bois a fait un grand pas aguicheur en avant. Le Boulonnais « 4×4sien » reste un homme avec des yeux, des pulsions, des hormones, même quand il ramène ses charmants bambins du tennis ou du cheval (ou du golf) chez sa femme. Et là, vous imaginez la suite. Ils ont été 2 à tourner la tête vers cette jolie femme (si, si, un peu vulgaire mais jolie, je l’ai aussi regardé en lui adressant un petit signe de tête et un grand sourire). ET BING !! 3 4×4 emplafonnés devant une femme aguicheuse dans le Bois de Boulogne. Je ne suis pas sure que ça soit très sérieux, messieurs….
Quant aux deux autres, le léger incident (nous n’allions qu’à 40km/h) a nettement refroidi leurs ardeurs mâles. Eh oui, même au volant d’un 4×4, on reste humain et fragile, comme les oeufs dans la boîte à oeufs de la pub pour la prévention routière. La petite Clio roulant, se faufilant, je me suis retrouvée avec les 2 monstres derrière moi, et plus de 2e voie pour doubler.
Ultime plaisir (puéril ?) : oh, un piéton qui traverse…. tiens, des coureurs sous la pluie, je m’arrête… un jeune homme sexy en cuir sur une belle moto qui cherche à faire demi-tour ? Je suis OBLIGÉE de le laisser passer, question de sécurité… Et puis il y a tellement de monde sur ce rond-point, que je n’arrive pas à m’engager.
J’ai perdu les 2 conducteurs rouges de colère sur le-dit rond-point, toujours en chantant. Ma Clio à fleurs ne va pas vite, mais elle a l’avantage de se faufiler juste comme il faut entre 2 voitures, sans la jouer

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Le SIEC, c’est le Service Interacadémique des Examens et Concours. Comme son nom l’indique, c’est là que se gèrent, s’organisent, se passent, s’affichent la majorité des Concours et pas mal d’examens des 3 académies de la région parisienne. C’est donc une structure énorme.
Je connaissais le SIEC, parce que j’ai passé des concours (CAPES) dans ce gros bâtiment monstrueux à Arcueil. Il n’y a rien autour, à part une petite caravane (ou une baraque à frites, c’est selon) qui vend des sandwichs, du café et des frites assez chers.
Beaucoup de gens descendent à cette station de RER, et ils se dirigent tous en masse vers le même micro-escalier qui mène vers les 4 tours. C’est un peu comme la BNF… en moins glamour et plus stressant. L’ambiance est très particulière. Suivant sa gestion du stress, on discute avec les copains (si on en a), on écoute son Ipod (si on en a), on révise ses fiches (si on en a), on déteste tout le monde (ça c’est sûr, on a de quoi). Bien sûr, comme on a beaucoup révisé (ou pas), on ne veut surtout pas arriver en retard ; alors on arrive méga en avance (environ 1h30, le soleil n’est pas levé, il fait froid et on a déjà faim), comme ça, on stresse encore plus « ils ont pas ouvert les portes » « je me suis trompée de bâtiment » « j’ai jamais vu ses têtes là » « je suis méga à la bourre ma montre s’est arrêtée, ils sont déjà tous en train de composer ». Non, rien de tout ça. On est toujours dans les temps, devant le bon bâtiment. On déteste les mêmes qu’on a vu prendre les escaliers et qu’on a voulu pousser (surtout celle qui a eu 17 à son écrit blanc), on voit enfin les copains arriver et ça stresse encore plus parce que ça veut dire que l’heure approche. Et puis eux, ils ont connaissent toujours plus de trucs, c’est certain.
Les portes s’ouvrent enfin, on monte les nombreux escaliers. Oui parce que votre nom commence par T, donc vous êtes au dernier étage, au 8ème, celui où personne d’autre ne va. Donc, vous larguez vos copines au fur et à mesure des étages…. Vous arrivez dans la salle, en silence, les examinateurs vous expliquent qqs trucs, et vous cherchez votre nom sur le petit papier collé dans le coin de la table. On se trouve, on s’assoit, on se prépare et on attend. Longtemps. Et là, c’est l’heure. Une voix monstrueuse parle dans un haut-parleur pour vous rappeler les consignes. Tout le monde se marre… mais en fait, tout le monde est très crispé (la fille qui a eu 17 encore plus, elle a 18 barres de céréales hyper énérgétiques, 12 bouteilles d’eau dopées, 20 stylos de rechange qu’elle a tous testé avant le début de l’épreuve). Et puis « on ferme les portes », les surveillants distribuent les sujets « à l’envers, et on ne retourne pas ». Evidemment, tout le monde fait semblait de ne pas regarder au travers, avec beaucoup de légèreté, absolument pas naturelle. « Tout le monde a eu un sujet ? Il est 9h07, vous avez jusqu’à 13h07″. Et là, les palpitations à fond, on retourne le sujet. Soit tout le monde soupire (la fille du 17 pleure), soit tout le monde se marre. Souvenir mémorable du sujet de géo la 2e année du CAPES…. tout le monde a rigolé fort, tellement le sujet était irréaliste.
Vous commencez à réfléchir, d’abord « je tiendrais jamais 5h » puis « putain il reste que 39 minutes ». A la sortie, on cherche toujours à voir les copines ; ça marche pas toujours. Mais surtout, on reprend le RER sans en parler. C’est fini, point.
Mardi dernier, j’ai vécu le SIEC complètement autrement. J’étais jury de concours écrit. Je suis rentrée par la jolie porte en verre, on m’a donné un badge très professionnel à accrocher OBLIGATOIREMENT autour du cou, et je suis passée entre les 2 gros vigiles, avec les profs. Et là, le côté « examinateur » du SIEC, c’est beaucoup moins austère que le côté candidat. Super machine à café, du bois, de la moquette, des supers lumières, un cadre chaleureux. Et le must : j’ai pris l’ascenseur.
Arrivée dans la salle, tout le monde dit bonjour, on s’installe où on veut, on peut discuter avec son voisin, descendre prendre un café, avoir oublié ses stylos, discuter avec toutes les personnes présentes dans la salle pour donner son avis, rien n’est écrit sur le tableau, vous pouvez finir après l’heure, aller manger à la cantine.
Et par dessus tout, on se marre sacrément bien à se raconter les conneries qu’on trouve dans les copies !
Grâce au SIEC, je peux dire « bienvenue dans le monde des Grands »
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Sous le soleil et le Lion Orange d’ING, c’était le marathon du Luxembourg samedi.
J’ai une assez longue expérience de supporter de courses à pied en général et de marathons en particulier, et c’était le premier marathon que je supportais dont le départ était à 18h.
D’un point de vue technique, le marathon du Luxembourg est un petit marathon, moins de 2000 participants. Le circuit est un peu étrange et tourne dans tous les sens, du plateau de Kirchberg jusqu’au Centre puis retour sur le plateau de Kirchberg, avec des virages partout. Comme il commence à 18h, nos coureurs favoris arrivent à 22h, donc dans la nuit, c’est différent des autres marathons qui débutent à 9h, et ça a son charme. Luxembourg Ville, c’est pas plat. Donc, ça monte et ça descend.
Le semi-marathon et le Team-Run partaient en même temps que le marathon. Le semi quittait les marathoniens au 17e km (pour terminer 4,1 km plus loin, étonnant non ?), qui se retrouvaient orphelins, et les coureurs du Team Run se repéraient rapidement à partir du 34e km (ils étaient tout frais et couraient relativement vite).
D’un point de vue humain, nos 2 coureurs favoris ont eu l’impression de monter plus que de descendre. Géographiquement, ils ont dû autant monter que descendre, mais l’impression prime (j’imagine) sur un marathon. Pour encourager nos courageux coureurs, un système de bus a été mis en place, pour aller et venir tout le long de la course. Admirablement bien organisés, ces bus nous ont permis de voir nos favoris pas moins de 7 fois + l’arrivée. Honnêtement, le marathon de Paris à côté, c’est nul en organisation (y’a le métro, c’est nettement plus facile pour les organisateurs !! D’ailleurs, réflexion de ma co-équipière supporter : au marathon de Paris, ils pourraient fournir un ticket de métro à la journée par coureur, pour leur supporter… oui parce que les navettes à Lux sont gratuites, naturellement). Pour la première fois de ma vie, j’ai vu les routes perpendiculaires au parcours pas totalement fermées aux voitures et qui, du coup, coupaient le parcours à plusieurs endroits. Il fallait bien laisser passer les bus. C’est gérable, après le départ du semi, il y a nettement moins de coureurs… mais parfois, on a vu qqs coureurs être obligés de s’arrêter. C’est réellement surprenant (ça n’a visiblement pas dérangé nos coureurs), et impossible à faire sur un marathon comme Paris (plus de 25 000 participants).
Bref, à l’aide d’un super panneau-banderole (dont je vous mettrai une photo ultérieurement) bricolé à la dernière minute (je vous dis que je suis une pro du supporting), les coureurs nous repèrent de loin, et je peux crier à loisir leurs prénoms à leur passage. Ce qui, je n’en doute pas, les booste à mort ; ce qui est très marrant, c’est que ça booste aussi les coureurs d’avant, qui repèrent la pancarte et nous font « coucou » en passant. Peut-être qu’ils se disent « c’est bon, Grande Gueule est là, je suis dans les temps »…. ou peut-être pas parce que de toute façon, ils ont une montre pour leur indiquer qu’ils sont dans les temps. Bref, en tous cas, ça les fait rire.
Sur les courses, on se fait toujours des « copains de course » (je parle toujours du point de vue supporter, côté coureur je n’en sais presque rien, je n’y étais pas). Au marathon de Luxembourg, il y a plein de nationalités, vous n’avez pas idée. Peut-être que c’est pareil sur les autres marathons, mais là, on a pu s’en rendre compte grâce au panneau à l’arrivée qui affichait le classement des coureurs, avec leurs temps et nationalité. Et bah nous, on a réussi à se faire une copine de course parisienne !!!!!! Etonnant, non ?
Bref, l’arrivée dans la Coque (LE stade de Lux) est hyper impressionnante. A la manière d’un concert de Tokyo Hotel, la musique pourrie en moins, ça se déchaîne de toutes parts dans les micros, les spot-light hyper colorés, les boules à facette, les paillettes, le tapis orange (pas rouge, orange, couleur d’ING), les supporters déchaînés…. Enfin, ça, c’est quand vous arrivez entre 2h15 et 3h30. Après, y’a toujours le disco à fond (pour mon plus grand bonheur) et les spot-lights, mais terminé les micros, les paillettes et les supporters en délire. Sauf nous, bien sûr, surtout en délire lorsque nos champions (surtout le mien, je pèse mes mots, Beau-Minou confirmera) sont arrivés avec une foulée grandiose sur le tapis orange.
Autre fait amusant : les prénoms sont inscrits sur les dossards. On peut donc encourager les coureurs par leurs petits prénoms. Je me suis amusée à faire ça aussi avec les prénoms allemands, néerlandais, espagnol, islandais etc… Certains n’ont même pas tourné la tête… il faudra que je revois mon accent.
Bref, du point de vue des coureurs, c’est un beau marathon. Des encouragements sur tout le parcours (sûrement grâce aux navettes), visiblement une bonne organisation (sauf peut-être les escaliers après la course pour aller au ravitaillement et rendre la puce), et un parcours à peu près sympathique (sauf les tours et détours à Kirchberg en début et fin de course, et la petite avenue Kennedy au 37e km).
Du point de vue des supporters, on avait l’impression que la course était triste (finalement non, on l’apprendra plus tard), le parcours n’est pas terriblement bien balisé et les km pas trop bien indiqués, du coup, on s’est un peu perdu au début. Les navettes sont vraiment génialement organisées, ça, c’est le gros point fort : ponctuelles, nombreuses, rapides et avec de la place pour s’asseoir. L’arrivée dans la Coque vaut aussi le coup pour les supporters. Bref, je le conseille.
Un petit film parle mieux qu’une courte photo




