Chroniques d'une néo-luxembourgeoise
J'aime la Wurst et la Bofferding

15 septembre 2009 à 22:27

J’adore les bus. J’aimais déjà beaucoup le bus à Paris, mais à Paris, on n’a pas vraiment le temps de prendre le bus à cause des bouchons (parce qu’on n’a pas mis le stationnement limité à 3heures pour 5euros).

Mais à Luxembourg, le bus, c’est du plaisir en barre. Entre les voies de bus, le timing respecté à la seconde, les bus super conforts (je vous parle des grandes lignes !), les magnifiques paysages (je vous rappelle que je suis une rurbaine, je profite donc de la campagne 50% de mon trajet, 20% des petits communes rurales et 30% de la City) et la rapidité des trajets, le bus à Luxembourg, c’est le luxe.

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Surtout, ce qui me fascine, c’est cette petite secte que représentent les chauffeurs de bus. Ils ont tous été pilotes de formule 1 (évitez le petit-déjeuner avant de prendre le bus, il est conseillé de se restaurer en arrivant), puis ont suivi une formation de malamabilité avant de passer l’examen de « si t’es dans ma voie de bus, t’es mort ». Et comment ils se reconnaissent ? Avec ce petit signe dans la main, ou plus exactement de l’index, ou à la rigueur, de l’index et du majeur… vous visualisez ? Le chauffeur du 192 décolle à peine la main du volant au moment où il croise le chauffeur du 18, et d’un geste vif et assuré, lève son index. Ils n’ont pas besoin de se regarder. Pour l’index ET le majeur levés en même temps, je me suis dit que c’était une question de grade, dans la confrérie.

Enfin bref, ce petit rien entre chauffeurs me submerge systématiquement, je le guette… je me place stratégiquement dans le bus (plus ou moins derrière le chauffeur donc) afin de n’en louper aucun. J’étudie chaque geste, chaque regard. Je suis d’ailleurs en train de faire une étude sociologique sur ce phénomène… ça prend du temps, beaucoup de temps (beaucoup de lignes, beaucoup d’horaires, beaucoup de trajets) et je l’appellerai « Non, les chauffeurs de bus luxembourgeois ne sont pas juste mal aimables » avec en sous-titre, « ou comment repérer le coeur des chauffeurs ».

Rien à voir, donc, avec le titre de ma note. Mais ce matin, réveillée par une musique familière, la radio crachotait la mort de Patrick Swayze. Que celle qui n’a jamais été émue par Dirty Dancing me jette le premier bus.

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